L’apprentissage n’a pas dit son dernier mot

Publié le 21 septembre 2026

Baisse des aides et des effectifs, fermetures d’écoles et de CFA, réduction des financements régionaux : les signaux semblent alarmants. Pourtant, l’apprentissage conserve une place centrale dans la formation professionnelle. La période actuelle vise à corriger les excès du passé et à imposer davantage de rigueur, tout en laissant pleinement la possibilité de construire un apprentissage de qualité, durable et pérenne.

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Une situation à mettre en perspective

Baisse des aides au recrutement d’apprentis

Le montant des aides a bien évidement baissé. Mais en adoptant une autre lecture, on pourrait aussi dire qu’elles sont désormais plus ciblées.

Il faut rappeler que les aides exceptionnelles au recrutement des apprentis ont été instaurées en 2021 pour faire face à la crise sanitaire. Par ailleurs, les aides régionales étaient auparavant bien inférieurs à celles que nous connaissons aujourd’hui.

Fait encore plus intéressant : selon le rapport sur l’usage des fonds de France Compétences, entre 2022 et 2024, de nombreuses entreprises ont continué à recruter davantage d’apprentis alors même que les aides diminuaient. Cela suggère l’intérêt des employeurs pour l’apprentissage ne repose plus uniquement sur le soutien financier : ce mode de formation s’est aussi durablement installé dans leurs pratiques de recrutement.


Baisse des effectifs

Après plusieurs années de forte croissance, l’apprentissage connaît un premier recul. À la fin du mois de décembre 2025, 847 498 nouveaux contrats avaient été enregistré, contre 890 562 à la même période 2024, soit une baisse d’environ 4,8 %. Les données disponibles à la fin du mois d’octobre montraient par ailleurs que ce recul était encore plus marqué dans l’enseignement supérieur, où elle atteignait 6,3 %.

Ce recul doit néanmoins être replacé dans une perspective plus large. En 2026, seuls 289 478 nouveaux contrats avaient été enregistrés. Malgré la baisse récente, l’apprentissage reste donc près de trois fois plus développé qu’il ne l’était dix ans auparavant.

Le ralentissement est donc réel, mais il intervient après une période d’expansion exceptionnelle et ne signifie pas que les entreprises et les jeunes se détournent massivement de l’apprentissage.

Cette baisse des effectifs s’accompagne également par la fermeture d’écoles et de CFA dont les conséquences peuvent être particulièrement brutales et injustes pour les apprentis. Cependant, lorsqu’elles concernent des structures défaillantes, ces fermetures peuvent aussi contribuer à stabiliser l’écosystème de la formation.

Les évolutions juridiques récentes vont dans ce sens. Le nouveau référentiel Qualiopi, la loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, le projet de loi visant à renforcer la responsabilité et les droits des apprentis, ainsi que le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé témoignent d’une volonté de renforcer les contrôles, et de lutter contre les abus.
 

Le financement

Le financement de l’apprentissage continue d’être réorganisé. La forte réduction du budget des régions (divisé par huit) constitue un signal préoccupant, mais elle ne concerne qu’une partie des sommes consacrées au dispositif.

En parallèle, France compétences a revalorisé de 1,85 % les valeurs de référence des Niveaux de prise en charge (NPEC), qui servent à financer les formations dans les CFA. Les branches professionnelles peuvent ensuite modifier ces montants de plus ou moins 30 % selon leurs priorités, tout en conservant la même enveloppe budgétaire globale. Le décret de carence publié en août 2026 complète ce système en fixant un montant lorsqu’une branche n’a pas déterminé de NPEC ou lorsque celui-ci ne respecte pas les recommandations de France compétences.

Le modèle évolue ainsi vers un financement plus ciblé et davantage réparti entre plusieurs acteurs. La part supportée par l’État est d’ailleurs passée de 48 % en 2021 à 36 % en 2024. Cette évolution traduit donc avant tout un changement dans la manière de financer l’apprentissage.

La conclusion est que l’apprentissage entre dans une phase de maturité où l’enjeu est de mieux accompagner les apprentis, de responsabiliser les acteurs et de garantir la solidité des formations. Même si cette transition parait exigeante, elle peut aussi permettre à l’apprentissage de retrouver son équilibre. Toutefois, cette seconde lecture ne doit pas conduire à nier les difficultés actuelles. Les baisses constatées sont bien réelles et leurs conséquences ne peuvent pas être minimisées. Les remettre en perspective permet simplement de porter un regard plus équilibré sur la situation. Une chose est sûre : l’apprentissage n’a pas dit son dernier mot.

Source : Et si l’apprentissage n’était pas mort ? - Digiformag
Référentiels et bases de données - France compétences

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