Formations : les dessous d’un marché colossal qui pèse plusieurs milliards d’euros

Publié le 16 juin 2026

Pour les universités, la formation tout au long de la vie n’est plus une option secondaire. Dans un contexte de transformation accélérée des métiers et d’explosion des besoins en compétences, l’enseignement supérieur tente désormais de trouver sa place dans un marché très concurrentiel, où l’innovation est devenue essentielle, en particulier face à des entreprises en quête d’adaptation constante.

Formations : les dessous d’un marché colossal qui pèse plusieurs milliards d’euros
Formations : les dessous d’un marché colossal qui pèse plusieurs milliards d’euros

La réforme de 2018 : la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel »

Adoptée en 2018, cette réforme a profondément réorganisé le système de la formation professionnelle. Elle a marqué un tournant avec la généralisation du Compte personnel de formation (CPF), dorénavant crédité en euros et mobilisable directement par les individus. Ce dispositif facilite l’accès à la formation tout en leur donnant davantage d’autonomie dans le choix de leur parcours.

La réforme a également changé le regard des actifs à l’égard de la formation professionnelle. Alors qu’auparavant l’entreprise était souvent à l’initiative de la montée en compétences de ses salariés, ces derniers cherchent aujourd’hui à développer eux-mêmes leurs compétences.

L’objectif est de rendre la formation plus accessible, mais aussi de permettre aux individus de se former plus facilement tout au long de leur carrière afin de s’adapter aux évolutions du marché du travail.
 

De nouveaux formats pour répondre aux besoins du marché

Avec la crise du Covid en 2020, c’est tout l’écosystème de la formation qui a été repensé, accélérant la transformation numérique dans ce secteur.

Les attentes ont également évolué, avec le développement des formations à distance et une demande croissante pour des parcours plus courts, plus souples, plus compatibles avec la vie professionnelle et rapidement mobilisables.

Si la formation continue reste encore largement associée à l’obtention d’un diplôme, de nouveaux formats émergent progressivement pour répondre aux besoins du marché. Les blocs de compétences, les micro-certifications et les formats hybrides se développent ainsi pour offrir des parcours plus flexibles et mieux adaptés aux évolutions des métiers.

Ces nouvelles modalités de formation témoignent également d’un rapprochement entre les organismes de formation et les entreprises, afin de répondre plus efficacement aux besoins en compétences.
 

La place de la formation professionnelle dans l’enseignement supérieur

Aujourd’hui, un diplôme obtenu a 20 ans ne suffit plus pour toute une carrière. L’émergence des nouvelles compétences, telles que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, ou encore les transitions énergétiques et climatiques, pousse les salariés à se former tout au long de leur parcours professionnel.

Face à ses évolutions, les universités tentent progressivement de prendre une place plus importante sur le marché de la formation professionnelle. Dès 2015, le gouvernement encourageait déjà les établissements d’enseignement supérieur à développer davantage leur offre de formations destinée aux adultes, avec l’objectif de générer plus de ressources et de renforcer leur présence sur ce marché en pleine croissance.

Onze ans plus tard, les résultats restent loin des objectifs initiaux. L’enseignement supérieur représente encore une part limitée du marché global de la formation professionnelle. Cette progression plus lente s’explique par un modèle économique fragile et des contraintes auxquelles les universités sont confrontées. Déjà fortement mobilisées par leurs missions de formation initiale, elles disposent parfois de moyens limités pour développer de nouvelles activités.

Néanmoins, les établissements ont su développer certains dispositifs, comme l’apprentissage, dont le fonctionnement reste plus proche de celui de la formation initiale.
 

À l’Université Paris-Est Créteil (UPEC)

L’UPEC illustre également la place grandissante de la formation professionnelle dans les universités. Celle-ci représente près de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 7 millions issus de la formation continue, le reste provient de l’apprentissage. Afin de développer cette activité, l’université a créé une cellule commerciale et marketing. Elle a également bénéficié d’un financement dans le cadre de France 2030 pour renforcer ses ressources propres liées à la formation tout au long de la vie.

Selon François Germinet, ancien président de l’université de Cergy-Pontoise et Marc Poncin, directeur de la formation professionnelle à l’UPEC, certaines universités pourraient se doter de structures dédiées à la formation continue, afin de renforcer leurs relations avec les entreprises.

À l’UPEC, cette dynamique est portée par la Direction de la formation professionnelle (DIFPRO), qui accompagne les entreprises dans l’identification de leurs besoins en compétences et le développement de formations adaptées. À travers des dispositifs sur mesure, la DIFPRO a pour ambition de rapprocher l’université du monde socio-économique et répondre aux enjeux de formation tout au long de la vie.

Pour accompagner cette évolution, la DIFPRO s’appuie sur une cellule marketing et commerciale dédiée à l’apprentissage et à la formation continue. Elle dispose également d’une expertise en ingénierie de formation permettant de développer des formations courtes et adaptées aux besoins des entreprises, en présentiel comme à distance. Cette offre s’appuie sur des outils et infrastructures dédiés, tels qu’une plateforme d’apprentissage et un studio de tournage favorisant le développement de contenus pédagogiques innovants.

L’ambition de son directeur est de poursuivre le développement de l’offre de formation professionnelle à l’UPEC, en renforçant le lien avec les entreprises.

Pour en savoir plus ou être accompagné dans un projet de formation, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : entreprises-formpro@u-pec.fr

Pour aller plus loin : Formations : les dessous d’un marché colossal qui pèse plusieurs milliards d’euros | La Tribune